Je me réveille donc ce matin, sans SMS mignon, sans mec qui dort encore à côté de moi.

Ce sentiment de solitude a quelque chose d'anxiogène, mais en même temps, de profondément libérateur. 

Je repense encore à cette terrasse, son regard sur moi qui transpirait de sincérité, ce baiser sur le quai, qui n'en était pas vraiment un...bizarrement, je n'en pleurais pas. Bien décidée à reprendre ma vie en main, et à penser à moi.

Mais là, vous devez sûrement vous demander pourquoi ce choix? Pourquoi saborder mon propre bonheur ? 

...Si je vous racontais un peu plus mon histoire ?

Surtout restez attentifs! Par contre, pour les adeptes de séries américaines, ça va être EASY :D

Bon. Pour des soucis d'anonymat, les protagonistes seront désignés par numéros...et aussi, pour des soucis de "je-veux-pas-vous-saouler-trop-longtemps-avec-mes-histoires-de-pisseuse" ^^"

On va oublier 1, 2 et 3, et on va directement aller au 4 ! 

4 a été un peu comme une révélation, car c'était la première fois depuis 2 que j'étais aussi attirée par quelqu'un.

Après quelques quiproquos sur la vraie nature de cette relation, on a fini par former un "vrai couple". Seulement voilà : quelques mois plus tard (comme assez souvent avec moi, finalement!), des tensions s'installent, mais on choisit de tenir le coup.

Entre-temps, je rencontre n°5. Ce grand brun, un brin rêveur, un brin d'malice noyé dans des yeux bleus-gris.

Bien que je sois en couple à cette époque, j'ai un attachement pour lui que je ne m'explique pas.

Je ne le connais pourtant pas plus que ça, et lui aussi est en couple d'ailleurs...

Je pourrais assez facilement replanter le décor de cette si étrange, mais si belle rencontre.

Gare Montparnasse Bienvenue, un soir de janvier...

Il avait ramené des bonbons, et ses photos de son voyage à Disney World. On aurait dit un enfant. On aurait dit moi dans un corps de mec. C'était bizarre mais plaisant. C'était comme deux amis qui se retrouvaient après tant d'années et qui étaient là, dans un train, à rattraper le temps perdu.

Je ne pouvais décemment pas le laisser, sans rien faire. Alors on s'est vus, plusieurs fois...on aura eu, je crois, les plus beaux jours de notre vie. On aura jamais réussi à retrouver cette insouciance jusqu'alors...La faute à qui? A moi, beaucoup sans doute, mais on parlera de ça dans la suite de l'histoire.

De l'autre côté, ma relation amoureuse avec n°4 n'était plus qu'un simulacre d'une relation amoureuse. Alors, un certain 10 septembre 201? après une énième grosse engueulade, on se sépare. Ou plutôt, il se sépare de moi. S'ensuivent un automne et un hiver dévastateurs dans mon p'tit coeur...

Je ne mange pas, je ne dors plus, je pleure beaucoup.

Mais pendant ce temps-là, n°5 était là...Toujours présent pour me consoler, me faire penser à autre chose. Il était là, juste là, devant ma porte fermée à triple-tour, attendant douloureusement mais silencieusement, se pliant au moindre de mes désirs, à la moindre de mes humeurs, attendant quelque chose qui ne viendrait peut-être pas, sans même savoir vraiment ce qu'il attendait, à vrai dire...

 

Et puis un certain 13 avril 2013, voilà que ce "quelque chose" arrive. 

C'était à Rouen, dans un magnifique jardin, avec des fleurs de toutes les couleurs, et des papillons...on aurait presque eu envie de chanter "quelle jolie promenade avec Mary Mathilde"

Un décor champêtre, qui faisait penser à un mariage de campagne, c'était peut-être ça qui rendait le truc un peu "cérémonieux", mais ça me plaisait...

 

On a passé presque un an sans aucune ombre au tableau, ou presque...sauf que n°4, même s'il me faisait rêver, n'a pas dérogé à la règle. 

Encore et toujours, je me sens toujours obligée de détruire tout ce qui m'arrive de bien. Parfois parce que je suis juste lassée, parfois pour un autre, et c'est précisément là ce qu'il s'est passé. Ca et d'autres trucs qui vous ennuiraient sans doute beaucoup! 

Un restant de sentiments pour n°4 m'a fait retomber dans ses bras. Mais très vite, j'ai vu que les choses pour lesquelles nous nous étions laissés étaient, plus ou moins, toujours d'actualité. Alors je me suis sentie délaissée, seule. alors j'ai revu n°5, me lovant avec lui dans ce cocon de tendresse, de rêves à réaliser, d'étreintes passionnées, de lettres enflammées, et cette liste avec toutes ces choses à faire, toutes plus farfelues les unes que les autres!

J'étais "à la maison". Comme  à chaque fois quand je suis avec n°5.

 

Seulement voilà. Là encore, j'étais toujours pas contente (j'me bafferais parfois!), car  voilà que je reproche à n°5 de trop m'accaparer, de trop me réclamer d'attentions, de m'étouffer...le problème avec moi, c'est que lorsque je me sens à l'étroit, j'attends, j'attends, j'attends...jusqu'à ce que je brise mes chaînes, soudainement, sans qu'on s'y attende, et ça peut faire très, très mal, parce que je me laisse aller, que je n'ai plus aucune règle.

Et c'est précisément lorsque toutes ces envies d'ailleurs m'habitaient que n°6 est passé par ma vie...un feeling de dingue, et une passion pour nous unir. Celle qui, dans mon classement de pisseuse, surpasserait aisément tous ces messieurs : Le chant, et la musique en général...et puis plein d'autres points communs! Ce nouveau contact devenait tellement présent dans ma vie, qu'il est arrivé un moment où je ne pouvais plus rien cacher à n°5, qui s'en est d'ailleurs rendu compte tout seul...et c'est le 31 janvier 2016 (jour de mon anniversaire, le pire de ma vie...) qu'il s'en est allé, emportant avec lui une bague (pas de fiancailles je vous rassure!), une liste interminable, des tonnes de lettres, les couleurs, les étoiles...Mais surtout, il emportait également avec lui nos projets, et un qui n'était pas des moindres : un séjour paradisiaque à Disney World. 

J'avais perdu n°5. Encore. Et cette fois, c'est pas moi qui suis partie.

C'était la fin d'une époque, d'un monde, de ce microcosme disneyesque qu'on s'était créé...j'en ai pleuré durant toute une journée, pour ensuite me focaliser sur ma "nouvelle vie", et ce qui la composait. De nouvelles fréquentations, le chant, qui était devenu omniprésent à nouveau, et qui m'est encore aujourd'hui, si libérateur...Le chant, que je pouvais partager avec d'autres passionnés...et parmi eux, n°6, de qui je me suis assez rapidement rapprochée au final, puisqu'un certain 14 février, on choisit complètement au hasard le jour le plus romantique de l'année pour se déclarer. Voilà. Encore une fois. J'étais plus moi. J'étais deux. Je repartais dans cette course effrenée des relations amoureuses, à la recherche de je ne sais trop qui, ni quoi, à vrai dire.

C'était pas un conte de fées, c'était une relation simple, avec des rituels bien ancrés dans le quotidien, mais cela me plaisait...je me laissais porter, bien décidée à faire une croix sur ma vie d'avant, et sur mon passé, me persuadant que tout ceci ne me correspondrait plus jamais. 

Seulement, je savais pertinemment que je serai amenée à revoir n°5, et pour cause! Ce beau périple Floridien n'était pas du tout annulable...n°6 le savait bien, je lui en avais parlé avant que l'on aille plus loin. Il ne voulait surtout pas m'en empêcher, m'empêcher de réaliser mon Rêve, comme il disait! 

J'y suis finalement allée...à l'autre bout du monde, traversant l'Atlantique, pour me retrouver qu'avec lui, dans cet endroit où l'on s'était promis d'aller ensemble lors de notre toute première conversation.

Notre complicité n'a pas mis très longtemps à renaître, pour autant, ces vacances furent très éprouvantes émotionnellement, car elles ont réveillé certainement une évidence que je voulais taire depuis bien trop longtemps : J'ai besoin de temps. Toute seule. Du temps pour faire le deuil. Du temps pour arrêter tous ces sauts de puces incessants entre chaque relation...

C'est devant ce château tout blanc que j'ai réalisé que je n'avais pas pris le temps d'avoir de la peine d'avoir perdu n°5, me jetant dans une autre histoire, peut-être inconsciemment, pour m'éviter de pleurer, pour panser la blessure avant qu'elle ne me lance dans le coeur.

Aujourd'hui, je réalise que je dois me forcer à rester seule. J'ai attendu beaucoup trop longtemps mais vous me direz! Mieux vaut tard que jamais...pour l'instant, cela marche plutôt bien, même si cela prend beaucoup de temps pour réellement être à l'écoute de moi-même. En ce moment, j'aurais plutôt l'impression de tenter de remonter  à la surface de ma vie, et que mes incertitudes sont là, à me foutre sous l'eau. De sorte que je n'entende plus rien, ou que j'entende mal...

Voilà. Vous avez toute l'histoire. Peut-être que maintenant, il sera plus aisé de me suivre?

 

Demain est un autre jour.

84102a852756daeda61e7ac25210115e

Bonne nuit.