Une terrasse à Saint-Lazare, un Monaco pour moi, une bière pour lui... n'importe quel passant aurait pu se demander "tiens! Mais qu'est ce qu'ils fêtent ces deux-là?"...

Pourtant, c'était dans ce décor, que pour la première fois de ma vie, je rompais avec quelqu'un...Mais pour de vrai, je veux dire...Tout allait bien pourtant (ou presque), cela faisait bientôt 5 mois, il ne m'avait rien fait de mal, bien au contraire! C'est sûrement l'homme le plus gentil que j'ai pu rencontrer, mais là, sur ce moment de ma vie, j'avais juste plus envie...

D'habitude, quand j'ai plus l'envie, j'ai tendance à me forcer, parce que je veux pas faire de peine, aussi parce que je me dis que c'est déjà pas mal, et que beaucoup de filles rêveraient d'être à ma place.

Je suis comme ça. Je pense aux autres avant de penser à moi. Et je crois naivement qu'on peut faire ça toute sa vie, sans un jour exploser. Littéralement.

Je dois fonctionner comme ça depuis que je sais un peu ce qu'est, l'amour, et les garçons, en général...grosso modo, depuis mes 14 ans...

Du coup, lorsqu'on me demandait, je ne disais pas non, et lorsque je voulais qu'on reste, je ne disais pas non. 

J'étais cette fille perpétuellement en couple, sans même aimer parfois,  qui ne lâchait jamais une branche sans en avoir attrapé une autre, comme dirait l'autre, cette fille dont le coeur n'était jamais, jamais, jamais vide. Ou alors, quand j'étais seule, j'étais juste "en transition", et me laissait happer par quelqu'un d'autre.

Aujourd'hui, je suis en train de me rendre compte que je suis complètement usée, de tout ça. Que toutes ces histoires successives, ce grand défilé sans fin m'a fait perdre cet espèce de caractère sacré de l'amour. Chaque histoire d'amour s'imbrique dans l'autre, et à la longue, elles se confondent, elles perdent leurs identités, tant et si bien que je les reconnais pas, que je ne me reconnais plus en elles. Tant et si bien que j'ai du mal à percevoir "quand c'est le moment" ou j'suis censée tomber amoureuse de Y, de M, de N, de L, ou de S...

Ces belles histoires ne me font plus rêver, parce que j'en ai fait le tour. C'est la même pièce de théâtre qui se joue inlassablement, c'est simplement le casting qui change. 

Je sens comme si plus rien ni personne ne saura me faire rêver, me mettre ces putains de papillons au ventre sans que je n'aie de cesse à me forcer à faire battre mon coeur pour qu'eux puissent battre des ailes...

Alors j'ai décidé d'être Seule. Avec un grand S....Enfin! J'dis ça, mais c'est peut-être même pas dit que je tienne, c'est vrai, à 27 ans de ma vie, c'est bel et bien la première fois que je me retrouve seule, et par choix.  Mais voilà. Où qu'il est le mode d'emploi??

J'imagine que je suis censée d'abord aller chez le coiffeur pour changer de coupe ou même de couleur, pour me persuader que ce nouveau départ est réel, ensuite, je devrais peut-être aller courir, ou m'inscrire à la salle de sport, ou pire, aller à la Zumba ou faire de la Bachata! OH NON WAIT! Bachata = hommes = tentation (je rigole).

Présentement, j'ai plutôt envie d'être peinarde, calée chez moi, sans personne, à ne rien faire, à part penser. Encore et encore, me poser toutes ces questions sans que je n'en trouve les réponses, en sachant que cette bataille contre mon cerveau est perdue d'avance...

N'importe quelle revue féminine à la con dirait que c'est pas ce qu'il faut faire...Mais j'm'en fous. 

Alors, pour passer le temps, pour pas être tentée de me remettre en couple, aussi, et puis pour réfléchir...J'ai décidé de publier ici modestement un billet quotidien sur cette nouvelle vie de Célibataire...

 

 

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